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Musée du Trésor - Sarcophage d'Hermiones

 

Abordons un sujet des plus sympathique : les rites funéraires !

Au rez-de-chaussée du Musée du Trésor se trouve un splendide sarcophage en marbre décoré de bas-reliefs. Une inscription lapidaire vient nous renseigner sur l’occupante de celui-ci : il s’agit d’une dénommée Aedunia Hermiones “femme très rare et épouse incomparable” pour qui son mari et son fils ont fait tailler ce sarcophage.

 

Des motifs à forte teneur symbolique.

Autour de cette inscription, de nombreux motifs psychopompes sont gravés afin d’accompagner la défunte dans l’infra-monde. Deux chouettes, bien reconnaissables à leurs grands yeux qui voient dans l’obscurité ainsi que deux petits cupidons dadophores (“porteurs de torches”) guident l’âme d’Hermiones.
Des rinceaux de lierres représentent l’éternité puisque c’est une plante qui ne perd jamais son feuillage. Et aux extrémités, une représentation plus originale sur un sarcophage de femme, des armes (bouclier, haches et pic) font certainement référence au passé militaire de son mari Aemilius Fronto

Un sarcophage de belle facture pour une femme noble.

Retrouvé vers 1679 à Saint-Amand (Eauze), il nous permet de localiser l'emplacement de la nécropole d’Elusa. Les nécropoles (littéralement “ville des morts”) se développent à l’extérieur des villes, le long des axes routiers. Au plus la tombe est proche de la route, au plus il y aura de passages devant celle-ci, et la mémoire du défunt perdurera donc plus longtemps après sa mort.
Tout comme dans le monde des vivants, il existe de grandes disparités de traitement selon le rang social des disparus. Ceux des classes populaires se faisaient ensevelir dans des sarcophages en bois, en tuiles, voire en pleine terre dans un linceul. Les sarcophages en pierre sont réservés aux familles riches, telles que celles d’Hermiones visiblement.

Témoin d’un monde en changement.

Le sarcophage est daté du IIe ou IIIe siècle. À cette époque, l'inhumation remplace progressivement l'incinération au contact des cultes chrétien et orientaux chez qui la notion d'immortalité de l’âme est essentielle, jusqu’à devenir le rite funéraire privilégié au IIIème siècle.